Les
méthodes de guérison sont innombrables. Si l'on
écarte les traitements préconçus et empiriques
qui jouent souvent un rôle prépondérant dans ce
domaine, on peut diviser les méthodes sérieuses en deux
grandes classes : celles qui font usage de drogues et celles qui n'en
font pas usage.
L'histoire
de la médecine, surtout dans un passé lointain, montre
que des charlatans ont été les premiers à
conseiller des drogues et des inventions mystérieuses. Ils ont
fait prendre un grand nombre de médecines souvent affreuses,
et de remèdes standard tels que le mercure... Les
sérums modernes ne sont guère moins nocifs
malgré leur préparation soi-disant scientifique.
Maintenant
que nous savons ce qu'est la maladie, nous pouvons comprendre
pourquoi jusqu'à un certain point les symptômes de
maladie disparaissent sous l'action des drogues et des sérums,
chose jusqu'ici inexpliquée.
Voici
la raison : si le corps d'un malade s'efforce spontanément
d'éliminer des poisons à l'aide d'un symptôme
quelconque, et qu'un nouveau poison dangereux soit introduit dans la
circulation, l'élimination par le premier symptôme est
plus ou moins arrêtée parce que le corps cherche
d'instinct à neutraliser d'abord autant que possible le nouvel
intrus. Les symptômes reviennent ensuite sous la même
forme ou sous une autre. On répète les mêmes
errements jusqu'à ce que le patient meure, à moins
qu'il ne soit assez intelligent en renonçant pour un temps aux
drogues, cherchant à se tirer d'affaire sans elles.
Les
méthodes de guérison sans drogues sont aussi
très nombreuses. On peut les diviser en trois : traitements
physiques, traitements mentaux, traitements
diététiques.
Traitements physiques
En
général, les traitements physiques ont pour but de
diluer les encombrements locaux par des massages vibratoires
variés ou par des différences thermiques.
La
cure de Kneipp par exemple est une application de froid artificiel
qui stimule la circulation et, par voie de conséquence,
l'élimination.
Les
exercices respiratoires ou autres, les massages,
l'ostéopathie, la mécanothérapie..., ont un
effet du même ordre. Les ostéopathes méritent une
mention spéciale. Ils arrivent à faire
disparaître des subluxations et à soulager
immédiatement certains symptômes douloureux, comme on
pourrait le faire avec des drogues. Mais ces symptômes
reparaissent tôt ou tard si l'on cesse de se soigner et si l'on
persiste à vivre d'une manière défectueuse. Dans
la colonne vertébrale, c'est une accumulation de
dépôts étrangers entre les vertèbres qui
cause les subluxations, Nous savons que ces dépôts,
comme les autres symptômes de maladie, proviennent d'une
mauvaise alimentation.
Une
autre cause de subluxation vertébrale réside sans aucun
doute dans le poids excessif de l'homme moyen. Le Professeur Ehret
cite de nombreux cas d'épines dorsales déformées
qui furent merveilleusement redressées par de longs
jeûnes.
Il
y a beaucoup d'autres moyens pour secouer les tissus et activer la
circulation, par exemple l'électricité, la
lumière électrique, la lumière solaire... Ces
moyens peuvent aider et soulager, mais sont impuissants à
guérir parfaitement les malades qui ne prêtent pas
l'attention voulue à la correction du régime
alimentaire.
En
d'autres termes, l'élimination des causes de maladies sera
toujours incomplète tant que l'ingestion des aliments
producteurs de déchets ne sera pas supprimée, et que la
formation d'un sang pur, naturel et propre, ne sera pas entreprise
à l'aide d'aliments sans mucus.
Traitements mentaux
II
faut bien constater que l'état mental réagit sur toutes
sortes de maladies. La crainte, les soucis, les ennuis n'influent pas
seulement sur le cur et les nerfs, mais aussi sur la
circulation, la digestion, etc.
La
psychothérapie, les tentatives de guérisons mentales,
la christian-science, ont au moins l'avantage d'épargner au
malheureux malade le mauvais effet des drogues. Par contre, il n'y a
pas lieu de porter ces méthodes au pinacle. Si dans un sens
elles ne font pas de mal, elles engendrent néanmoins une
tendance consciente ou inconsciente à maintenir les
intéressés dans l'ignorance complète de la
nature réelle des maladies.
Quand
on sait exactement ce qu'est une maladie, on ne peut pas approuver
les méthodes qui enseignent aux malades la possibilité
d'une guérison par un miracle, ou par la force de
l'imagination, ou qui leur assurent même parfois qu'ils ne sont
pas malades alors qu'ils sont en train de mourir. N'est-il pas
tragi-comique d'élever vers le Ciel une prière
supplicatoire pour qu'il ordonne une guérison miraculeuse, et
de rejeter en même temps les aliments réellement divins,
les fruits du Paradis ? Croit-on que l'on sera exaucé en
bourrant l'estomac trois fois par jour d'aliments nuisibles qui n'ont
jamais été destinés par le Créateur
à servir de nourriture, et que des hommes cupides fabriquent
chimiquement pour gagner de l'argent ?
Il
est difficile de croire aux guérisons mentales lorsqu'on sait,
par des milliers d'expériences indéniables, que les
organes internes des malades chroniques, surtout des bien nourris,
ressemblent à un cloaque vivant.
La
manifestation normale des voies divines ne comporte pas de miracle.
Si l'on a suivi un mauvais régime pendant 30, 40 ou J0 ans, il
en résulte une maladie latente, et il faut en annuler les
effets possibles par l'absorption d'une nourriture propre et
naturelle, qui remplacera la maladie par la santé. C'est clair
comme le jour et certain comme deux et deux font quatre.
La
philosophie de Mrs Eddy est une pauvre copie du Monde de
l'Imagination de Schopenhauer, qui assure que l'esprit seul est
réel et que le corps est irréel. Elle serait logique si
elle disait : « II n'a jamais été dans les
intentions du Créateur de produire des maladies, mais les
maladies surviennent comme conséquence inéluctable de
la violation des lois divines de la vie ». Il n'y aurait pas de
maladies si les hommes vivaient comme ils doivent,
conformément aux lois divines.
Ceux
qui pratiquent la méthode de guérison par régime
sans mucus devraient répandre autour d'eux les connaissances
qu'ils ont acquises, et servir d'exemples vivants pour illustrer les
résultats que l'on obtient en se nourrissant exclusivement des
aliments divinement propres qui furent assignés pour
première nourriture à Adam dans
Combattre
les superstitions, les préjugés et l'ignorance,
proclamer la vérité, et la vivre de manière
à susciter la foi, voilà ce qui est essentiel dans les
traitements mentaux.
Traitements
diététiques
Que
doit manger l'homme pour bien se porter ? Tel est le problème
de la diététique, et peut-être celui de la vie.
La vie est une tragédie de la nutrition. Les
préjugés, les habitudes et l'ignorance concernant
l'alimentation, sont si grands, que la diététique
pourrait être appelée « le chaînon manquant
de l'esprit humain ».
La
qualité d'un fruit dépend plus de la nature du sol que
du climat. Les fermiers savent exactement comment il faut nourrir
leur bétail. Cependant les hommes ne voient pas que 99 % de
leurs maladies proviennent de leur nourriture.
Un
fait universel devrait les éclairer. Tout animal malade refuse
de manger. L'instinct animal réagit à une maladie ou
à un accident par le jeûne. Cela montre bien que
santé et maladie dépendent principalement de la
qualité et de la nature des aliments ingérés.
Quand
on est malade, on recherche partout les causes de la maladie
excepté dans la nourriture. On ne sait pas, on ne veut pas
savoir coi. Sien l'intérieur du corps est malpropre par suite
de l'habitude invétérée de manger dix fois plus
qu'il est nécessaire, et d'absorber principalement ou
exclusivement des aliments nuisibles.
Lorsqu'un
mangeur moyen soi-disant en bonne santé jeûne pendant
trois ou quatre jours, son haleine, son épiderme, ses
excrétions prennent une odeur choquante. Cela signifie et
démontre que ses tissus sont remplis de substances
décomposées et non éliminées, provenant
forcément de la nourriture. Lorsque la nature déclenche
une élimination par un choc généralement
appelé maladie, on essaie tout excepté le jeûne,
excepté l'arrêt de l'addition aux causes de maladie. Il
est désastreux d'empêcher l'action du processus de
guérison éliminatoire de la nature, tout en accroissant
par des drogues ou des sérums la quantité des
déchets internes.
Quelle
que soit leur durée, les thérapeutiques naturelles ne
nettoieront jamais parfaitement le corps d'un malade qui continue
à ingérer de mauvais aliments, ou même qui mange
une trop grande quantité de bons aliments.
La
nature montre clairement que la nourriture doit être
incriminée comme cause de toutes les maladies. Si l'on admet
cette thèse, il est évident qu'un régime est
nécessaire pour assurer la guérison. Et pour
guérir radicalement, il faut employer le régime radical
de la nature, le jeûne, seul remède naturel du monde
animal.
En
prescrivant un régime, il faut tenir compte en premier lieu
des qualités curatives, nettoyantes et éliminatoires
des aliments prescrits. Leur valeur alimentaire au point de vue
nutrition et reconstruction ne vient qu'au second plan.
Ehret
divise les aliments en deux catégories : ceux qui
guérissent, et ceux qui produisent des déchets et des
maladies.
On
pourrait imaginer qu'il suffit de connaître ceux qui
guérissent, c'est-à-dire ceux qui ne contiennent pas de
mucus. Il n'en est rien. Il faut savoir également:
·
A
quelle cadence il faut introduire le jeûne dans le
régime, et combien de temps il faut le prolonger si son emploi
est reconnu nécessaire.
L'ensemble
de ces connaissances représente la technique du Professeur
Ehret concernant le jeûne et les régimes sans mucus.
L'expérience et l'observation la compléteront pour les
praticiens. Le premier venu ne peut pas connaître cette
technique ; c'est pourquoi les malades qui ne la connaissent pas
risquent d'échouer s'ils essaient de se guérir
eux-mêmes avec de bons aliments.
Ne
forment pas de mucus : tous les fruits cuits ou crus, les noix, les
légumes à feuilles vertes. Tous les autres aliments
civilisés sans exception forment du mucus et des acides ; en
conséquence, ils sont nuisibles.
VÉGÉTARISME
En
général, les végétariens se contentent de
supprimer la viande de leurs menus. Ils mélangent des
quantités de bons aliments avec des ufs et du lait, ce
qui cause une suralimentation souvent pire qu'un régime
carné modéré avec moins de mélanges.
Plusieurs
médecins éminents ont amélioré le
régime végétarien. Malheureusement, ils croient
toujours à l'efficacité nutritive des aliments riches
en protéines, ce ils négligent le fait que la nature
crée et guérit par le jeûne.
Un
médecin allemand, le Docteur Lahmann, démontre dans sa
Déformation diététique du sang que l'acide
carbonique en excès accompagne toutes les maladies. Il n'en
aperçoit malheureusement pas la cause profonde : le
mélange d'aliments à mucus avec les glucoses. Il croit
à la théorie des protéines.
Un
médecin anglais, le Docteur Haig, apporte un grand
progrès avec son régime anti-acide urique, mais il
échoue, comme le Docteur Lahmann.
Un
médecin italien, le Docteur Catani, a combiné un
régime de fruits, de légumes verts et de viande.
L'absence d'amidon lui a permis de guérir plus ou moins bien
des cas de rhumatismes et de goutte, alors que le Docteur Haig
incriminait la viande pour ces deux maladies. Le secret du
régime sans amidon du Docteur Catani réside dans son
effet laxatif analogue à celui des eaux minérales
purgatives. Mais il ne guérit pas parfaitement.
Un
médecin anglais, le Docteur Graham, dont
Hentzel
et d'autres sommités allemandes ont fondé
l'école des sels minéraux. Cette
diététique proclame que les aliments
générateurs d'acides et de mucus manquent des sels
minéraux nécessaires. Ce ne fut qu'un engouement comme
celui des protéines. On prétendait faire recouvrer la
santé en inondant le corps de sels minéraux
préparés chimiquement, tout en conservant les mauvaises
habitudes alimentaires antérieures. On pouvait
améliorer certains cas, mais pas guérir parfaitement.
Le
chimiste Ragnar Berg a quelque peu perfectionné ce
système. Il s'efforce de neutraliser les aliments formateurs
d'acides à l'aide d'aliments riches en sels minéraux.
Les
végétariens modernes se sont emballés sur les
régimes d'aliments crus. Ces régimes
représentent un progrès, mais les théories qui
leur servent de base sont partiellement inexactes ; elles incitent
aux erreurs et au fanatisme. Elles enseignent que la cuisson
détruit les valeurs alimentaires. Elles devraient plutôt
enseigner qu'une mauvaise cuisson détruit la valeur
thérapeutique des bons aliments, et peut même les faire
devenir mauvais. Les experts en crudités font donc la
même erreur que les autres ; ils mettent l'accent l majeur sur
la valeur alimentaire. Or le principal avantage de l'ingestion des
végétaux crus vient de ce que leurs fibres
cellulosiques indigestibles atténuent la constipation en
produisant dans les intestins l'effet d'un balai à mucus
idéal. Il n'est pas certain que le corps humain tire un grand
parti alimentaire de la digestion des choux-fleurs, asperges,
oignons, pommes de terre ou céréales crues.
Après
un certain nettoyage mécanique des intestins par ces aliments,
le mangeur excessif de crudités manquera de la substance
alimentaire la plus importante, le sucre de fruits, à moins
qu'il ne mange suffisamment de fruits.
A
l'appui de ce qui vient d'être dit, vous pouvez faire
l'expérience suivante : chauffez un citron quelques minutes
à une température modérée. Il devient
doux comme une orange parce qu'il s'est formé du sucre de
fruit. Si on le laisse au four un peu trop longtemps ou si on le
cuit, il devient amer.
Selon
les mêmes lignes, il est probable que la cuisson des
végétaux tels que carottes, betteraves, oignons, pommes
de terre... les améliore en transformant plus ou moins leur
amidon en glucose.
Les
fruits crus, additionnés si l'on veut de légumes verts,
forment la nourriture idéale de l'homme et constituent le
régime sans mucus.
En
tant que systèmes de guérison, les régimes sans
mucus recommandent les végétaux crus pour le balayage
des intestins, les végétaux cuits au four comme
nourriture, et les fruits crus comme dissolvant agressif des poisons
et des mucus. Les fruits cuits sont plus doux et modèrent les
éliminations dans les cas graves.
Les
fanatiques des crudités ignorent complètement ce point
des plus importants de la méthode. Il est absurde de manger
des pommes de terre crues, des céréales crues, des
gâteaux non cuits. C'est pire que si ces aliments
étaient passés au four soigneusement, ce qui aurait
transformé au moins partiellement leur amidon en gluten et en
glucose digestibles.
Jeûnes déguisés
Le
médecin américain Fletcher a imaginé un
système diététique curatif qu'il a
employé sur lui-même et sur autrui avec grand
succès.
Sa
théorie était la suivante : mangez tout ce que vous
voulez, mais mâchez chaque bouchée pendant 10 à
15 minutes. Vous pouvez ne manger qu'un sandwich par jour et vous
débarrasser de vos troubles. Voici le I secret de la
méthode: c'est un jeûne déguisé. L'estomac
et les intestins se reposent presque autant qu'au cours d'un
jeûne ; l'élimination se déclenche et les organes
vitaux récupèrent. Mais si l'on continue le
système trop longtemps, la constipation survient par suite
d'insuffisance de nourriture solide. On dit que Fletcher
lui-même est mort d'une maladie intestinale grave.
La
cure de Salisbury est un autre jeûne camouflé. Tous les
jours un petit bifteck et un peu de pain grillé en un seul
repas, et rien d'autre. Cette cure soulage, améliore, mais ne
guérit pas parfaitement.
On
peut y assimiler le régime lacté, dont les
succès partiels dans de nombreux cas sont troublants,
même pour les plus grands spécialistes. En voici le
secret : si l'on remplace trois bons repas quotidiens comportant
trois plats chacun par quelques verres de lait, l'obstruction du
système humain se trouve bien diminuée.
On
se sent mieux, le corps commence à éliminer, et dans
beaucoup de cas les troubles disparaissent. Mais les malades
persistant dans un régime exclusivement lacté ne
tardent pas à souffrir d'une constipation terrible, parce que
le lait est un aliment de premier ordre pour fabriquer du mucus
collant.
La
cure de Schroth, ou cure sèche, est aussi un jeûne
camouflé. Trois jours au pain sec sans boire, et le
quatrième jour, vin léger à volonté, un
peu de nourriture, et des enveloppements humides toute la nuit. Si
l'on peut résister à cette cure de cheval, elle produit
une élimination énorme.
Schroth
a eu des succès merveilleux et une réputation mondiale,
mais le sanatorium du Professeur Ehret a recueilli des malades qui
avaient eu plusieurs fois recours à cette cure trop brutale.
On a trouvé qu'ils avaient le cur affaibli, et que leurs
tissus manquaient plus ou moins d'élasticité.
Ehret
a employé une méthode similaire très
améliorée, mais seulement sur des personnes très
vigoureuses, et lorsque le régime sans mucus et la dicte
hydrique ne leur avaient pas produit d'effet suffisant ; deux ou
trois jours de fruits secs sans boire, puis une journée de
fruits juteux et de légumes verts déclenchent une
élimination violente.
Il
y a des centaines d'autres cures diététiques sur le
marché, dont l'une ou l'autre devient un jour à la
mode, depuis les longs jeûnes et les jeûnes de fruits
jusqu'à l'usage de mixtures chimiques recommandées par
des diététiciens médecins.
Chacun
s'imagine qu'il faut une nourriture spéciale ou une mixture
faite exprès pour son cas particulier. On essaie tout mais en
vain tant qu'on n'a pas compris le caractère unique des
maladies, savoir la malpropreté intérieure, les
déchets et les obstructions.
Or
ces obstructions doivent être éliminées, et elles
le sont systématiquement par la méthode d'Ehret, le
régime sans mucus de légumes verts et de fruits
recommandé depuis Moïse, qui fut un grand
diététicien et un grand jeûneur.
Au
début d'un régime radical de fruits et de
légumes verts, il arrive généralement que l'on
commence par aller plus -mal. Il peut survenir des furoncles. On a
des battements de cur, des maux de tête, et toutes sortes
de troubles y compris de l'indigestion. Ces troubles coïncident
avec le début des éliminations de déchets. Au
lieu de reconnaître que le régime de transition a
commencé à dissoudre modérément et
à ^diluer naturellement les anciens déchets au prix de
quelques troubles, le patient conclut généralement que
cette alimentation ne lui convient pas. Il devrait négliger
ces inconvénients temporaires, et se considérer comme
bien heureux de pouvoir continuer son travail quotidien plutôt
que de subir des opérations chirurgicales et de traîner
pendant des mois dans une clinique. Les aliments conviennent au
patient ; c'est lui qui ne veut pas accepter les aliments.
La
méthode de guérison par le régime sans mucus
n'est pas une collection de menus différents pour chaque
maladie. Le régime lui-même n'est pas fait d'un
assemblage quelconque d'éléments nourriciers.
Ce
n'est pas une ordonnance, ni une compilation de menus applicables
à tous les cas. C'est un système d'élimination
diététique des déchets, du mucus et des poisons,
qui consiste à changer et à améliorer
progressivement le régime, pour atteindre finalement Je
régime idéal d'alimentation naturelle pour l'homme,
c'est-à-dire exclusivement des fruits, ou des fruits et des
légumes verts.
C'est
donc une méthode progressive de manger son chemin vers la
santé, différente pour chaque cas. Elle doit être
surveillée par un médecin, modifiée
expérimentalement suivant les réactions du malade, et
combinée si nécessaire avec des jeûnes plus ou
moins longs.
C'est
un processus de guérison à travers lequel tout malade
doit passer s'il veut être parfaitement guéri. C'est une
technique curative de nettoyage, de remplacement et de
régénération. Elle est exclusivement
diététique et basée sur l'emploi des aliments
naturels inoffensifs assignés à l'homme par le
Créateur dans
Avant
d'aborder le régime de transition, signalons les travaux de
Ragnar Berg, qui conclut à un régime comportant des
sels minéraux et des bases en quantité suffisante pour
neutraliser l'action des acides contenus dans les aliments peu
recommandables qui forment la majeure partie des menus
civilisés.
Ragnar
Berg a établi des tables d'équivalence qu'il serait
trop long de reproduire en entier, mais où les indications
suivantes sont caractéristiques.
Régime
carné. Toutes les viandes produisent des acides
nuisibles dans des proportions diverses. Le sang seul est
neutralisant.
Poissons.
Tous sont acidifiants, sauf les huîtres.
Céréales. Toutes sont acidifiantes.
Légumes.
Tous basiques et neutralisants, sauf les choux de Bruxelles
à cause de l'excès d'engrais employé pour leur
culture, et les légumes secs : haricots, pois et lentilles.
Les
meilleurs légumes seraient d'après Berg et dans l'ordre
: le radis noir avec sa peau, les épinards, puis le pissenlit.
Fruits.
Tous excellents, sauf les noix, amandes, etc., dont l'usage
doit être modéré. Les olives, les figues et les
raisins secs viennent en tête de la liste des fruits
recommandés.
Boissons.
Le thé paraît avoir des propriétés
neutralisantes remarquables. C'est peut-être pourquoi les
Anglais, qui sont grands mangeurs de viande, en absorbent des
quantités si considérables.
Ragnar
Berg a trouvé que certains engrais peuvent transformer en
aliments nuisibles des aliments qui étaient recommandables.
C'est ce qui se produirait avec le fumier, l'excès de sulfate
d'ammoniaque ou de superphosphates, et l'excès d'irrigation
des cultures forcées.
Le
changement des bonnes qualités en mauvaises survient
également à la suite d'une cuisson mal faite dans trop
d'eau. Les sels minéraux sont dissous, et on les jette
à l'évier alors qu'ils faisaient la valeur des
aliments.
On
emploie beaucoup plus d'engrais en Europe qu'en Amérique.
Aussi les asperges, choux, choux-fleurs, etc., produits en Europe
ont-ils moins de valeur alimentaire que les mêmes quand ils
sont cultivés en Amérique ou ailleurs.
A
ces diverses manières d'abîmer les aliments sains, il
faut ajouter la sulfuration des fruits secs, l'emploi du benzoate de
soude ou de l'acide salicylique pour prévenir la fermentation
dans les boîtes de conserves, etc. L'emploi des vapeurs d'acide
sulfurique est l'une des plus dangereuses.
Les
Américains mangent avec leurs yeux, dit le Docteur Harry
Ellington Brooks. Ils s'extasient devant des fruits et des
légumes magnifiques qui ont été sulfurés.
Ils demandent du pain d'un blanc de neige, dépourvu par
mouture et raffinage de ses sels minéraux. Or ce pain est un
des aliments de dénutrition classés parmi les plus
nocifs dans les tables de Berg.
Ainsi,
si on ne les emploie pas avec soin au début d'un
régime, les meilleurs aliments, ceux qui possèdent les
qualités curatives les plus élevées, peuvent
devenir nocifs et même dangereux. Us se mélangent avec
les mucus et les poisons, aident à leur dissolution, et
entrent à moitié empoisonnés dans la circulation
sanguine.
Or,
la nature accomplit tout parfaitement par une évolution
à changements progressifs avec des développements et
des résultats successifs. Elle n'accomplit rien par des
catastrophes. On aurait absolument tort de croire qu'une maladie
chronique datant de longtemps peut être guérie par un
très long jeûne ou par un régime radical et
prolongé de fruits. Le moulin de la nature moud lentement mais
sûrement. Les vingt années d'expérience du
Professeur Ehret portant sur des cas graves de la plupart des
maladies lui ont montré qu'un régime de transition
soigneusement sélectionné et à changements
progressifs constitue la manière normale de commencer une
cure, notamment pour les mangeurs mixtes moyens. Aussi longtemps que
ce régime comporte de mauvais aliments commerciaux, nous
l'appellerons un régime riche en mucus. La transition a pour
but de changer lentement ce régime générateur de
maladies en un régime générateur de santé
que nous ayons déjà appelé régime sans
mucus.
La
vitesse des éliminations dépend de la quantité
et de la nature des aliments ingérés. On peut donc la
contrôler et la régler suivant l'état du patient.
Le
petit déjeuner abondant est une des pires habitudes pour la
santé. II est certain qu'on ne devrait prendre aucun aliment
solide le matin. On peut prendre la boisson à laquelle on est
habitué mais rien d'autre. Si cela paraît un peu dur au
commencement, on peut boire encore un peu dans la matinée,
mais toujours de sorte que le déjeuner de midi arrive dans un
estomac vide.
Cela
est si vrai, que la seule suppression du petit déjeuner suffit
à guérir un grand nombre de maladies
légères. Plus tard, quand l'estomac sera
nettoyé, et si Ton y tient beaucoup, on pourra prendre pour le
petit déjeuner un fruit frais de saison.
Il
ne faut prendre que deux repas par jour, même si la
quantité des aliments absorbés équivaut à
celle de trois ou quatre repas. Il est désirable de laisser
s'écouler un intervalle d'au moins 7 heures entre les repas.
La
simplicité est également une autre règle
très importante quand on recherche la guérison par un
régime. Il ne faut pas composer un repas avec une trop grande
variété d'aliments. Comptez le nombre d'aliments ou
d'ingrédients qui figurent dans un déjeuner soi-disant
normal et vous serez stupéfaits. Très j souvent vous
arriverez à la vingtaine. Ne buvez pas pendant les repas. Plus
il y a de liquide dans l'estomac, plus la digestion est difficile. Il
faut donc éviter les potages au début des repas. Si
l'on est habitué à prendre du thé ou du
café, il est bon d'attendre une demi-heure après le
repas pour les ingérer.
Si
l'on désire une boisson chaude, par exemple pour le petit
déjeuner pendant l'hiver, il est excellent de cuire
très longtemps ensemble divers légumes,
épinards, oignons, carottes, choux et de ne boire que le jus
ou bouillon de légumes.
Menus pour la première
quinzaine d'un régime de transition
Au
déjeuner y deux plats : une salade panachée et un
légume. La salade panachée sera à base de
légumes crus, laitue ou chicorée ou cresson ou endives,
etc. avec quelques carottes crues ou un peu de betteraves par
exemple. Ajoutez-y deux ou trois cuillerées de légumes
cuits : petits pois, haricots verts, épinards, etc.
(légumes de conserve s'il n'y a pas de légumes frais).
Assaisonnez avec un peu de concombre, de tomates, ou de
céleri... un peu d'huile et un peu de jus de citron de
préférence au vinaigre.
Le
reste du repas consistera en un légume braisé ou
bouilli. Si on a trop faim, on y ajoutera une ou deux pommes de terre
au four et une tranche de pain très grillé.
Autant
que possible, il faut éviter le beurre et les matières
grasses. Pour ne pas boire au repas et pour ne pas perdre une bonne
partie des sels minéraux utiles, il est bon de boire
séparément le matin le bouillon des légumes ou
le jus des conserves de légumes.
Les
menus ci-dessus sont combinés pour former le balai intestinal,
indispensable à l'élimination convenable des poisons
qui suintent par la surface des muqueuses pendant cette cure de
nettoyage.
Au
dîner - des fruits en compote, compotes de pommes, d'abricots,
de pruneaux, de pêches... On peut les mélanger avec un
peu de fromage frais, ou de crème fraîche, ou des
bananes très mûres, en sucrant avec du sucre candi ou du
miel jusqu'à ce que le goût soit plaisant.
Menus pour la deuxième
quinzaine
Matin
et soir: A chaque repas, d'abord les compotes de fruits comme il
vient d'être indiqué. Puis laisser passer une dizaine de
minutes, et prendre à l'un des repas les légumes cuits,
à l'autre les salades et légumes crus.
Menus pour la troisième
quinzaine
Déjeuner : En été, une seule sorte de fruits, par exemple une ou deux livres de cerises, ou de pommes, ou de m raisins, ou de pêches. En hiver, quelques fruits secs J2 pour commencer (pruneaux, figues s