Article du PARISIEN : J’ai testé la «rando-jeûne», une semaine à marcher sans manger

Randonner et jeûner, la nouvelle équation du bien-être ? J’ai beaucoup entendu parler des effets positifs sur la forme et la vitalité de cette activité très en vogue. Mais qu’en est-il vraiment ? Marcher sans manger, moi qui suis plutôt gourmande, cela peut paraître curieux. Mais j’étais décidée à essayer et, comme je suis en bonne santé, je n’avais, a priori, rien à craindre. Première étape : choisir un séjour sur le site de la Fédération francophone de jeûne et randonnée (www.ffjr.com). J’opte pour une semaine à Beausemblant, dans la Drôme.

L’animatrice, Nathalie Lavigne, qui s’est reconvertie dans ce type de stages après avoir exercé plusieurs métiers, de la banque à la cuisine, a envoyé aux participants (nous étions dix femmes, étudiantes, actives, retraitées) un programme à suivre avant d’arriver, « pour faciliter notre jeûne ».

J-5, ça commence. On arrête l’alcool, la viande, le café. A J-3, on ne mange plus que des fruits et des légumes et, à la veille du début de l’aventure, on boit du jus de pruneau « pour se purger ».

Marche, méditation et repos

J’ai à peu près tout respecté et suis arrivée déjà allégée dans notre charmant gîte. Dès le premier soir, on goûte un bouillon de légumes (sans sel) qui sera notre « repas » pendant six soirs. Premières explications sur le jeûne, ses bienfaits et aussi ses possibles effets secondaires : grosse fatigue, mal de tête, sommeil difficile, tachycardie… « Mais vous n’aurez peut-être rien », nous rassure Nathalie qui nous raconte sa propre expérience. Je vais me coucher avec une bouillotte, à mettre sur le foie pour l’aider à fonctionner et à nous détoxifier.

Le lendemain, je démarre avec un jus de citron, une chicorée pour remplacer le café (faute de mieux) et un petit jus de fruits qui fournit nos seules calories de la journée. Puis c’est parti pour une randonnée de trois heures à travers les collines. Tout le monde se sent bien et marche d’un bon pas.

Après une petite pause méditation, afin de nous rendre « complètement zen », nous voilà de retour au gîte. On profite des transats et des plaids pour une sieste au soleil. Les après-midi sont libres mais passent assez vite entre repos, lectures, balades (j’en ai ainsi profité pour aller découvrir le Palais idéal du facteur Cheval, tout près de là). Il est nécessaire de bien penser à boire de l’eau, des tisanes. Il en faut 2 à 3 litres par jour.

Même pas faim !

A la fin de journée, chacun se retrouve pour des ateliers, des films et des conférences sur le jeûne, le microbiote, les produits naturels, l’alimentation santé…

Comme Nathalie l’avait annoncé, je n’ai pratiquement jamais faim. Une grande surprise pour moi ! Ou alors cela ne dure que quelques secondes. Le deuxième matin, j’ai les jambes flageolantes. Un malaise qui s’estompe vite. Au fil du stage, je ne ressentirai guère d’autres symptômes si ce n’est un sommeil un peu léger et la bouche pâteuse pendant une journée. C’est normal, m’explique-t-on, ce sont les toxines qui s’évacuent…

Dans le groupe, certaines ont eu des suées, des nausées ou des maux de ventre, d’autres ne supportaient plus l’odeur du bouillon. Mais cela n’a empêché personne de toujours participer aux (petites) randonnées. La dernière fait bien 12 km avec pas mal de côtes dans la forêt. Je monte ça allégrement. J’ai même du mal à croire que je n’ai pas mangé depuis 5 jours et demi. Ce matin-là, j’ai pris ma tension avec l’appareil mis à disposition par Nathalie. « Optimale », selon la machine.

Un retour à la normale progressif

Le soir, devant notre dernier bouillon, on parle de la reprise alimentaire. Il faudra commencer par trois jours de fruits et légumes avant de réintroduire les céréales, les produits laitiers, la viande, l’alcool et le café en dernier. C’est important si l’on veut profiter au maximum des bienfaits de cette semaine détox, un organisme « nettoyé » qui, nous dit-on encore, devrait être plus résistant face aux microbes de l’hiver.

Voici arrivé le dernier matin. On savoure deux pruneaux et des graines de lin trempées dans l’eau (pour préparer notre intestin) avant un « festin » de crudités et de légumes vapeurs bien assaisonnés.

Bilan : comme tous, j’ai perdu de la graisse. Cela m’a incité à continuer à manger plus sainement et à pratiquer un jeûne intermittent en supprimant le petit-déjeuner. En quelques mois, j’ai ainsi perdu mes quelques kilos en trop et j’ai gardé la forme. Mais j’ai repris le thé et le café mais surtout rangé mon pot de chicorée au fond du placard.

Tarif stage : 460 € la semaine hors hébergement . http://atelierjeunedietetique.com

Article paru dans le PARISIEN le 18 août 2018 rédigé par Blandine Seigle journaliste


Cet article est rédigé par l'organisateur Nathalie Lavigne