L’histoire de la santé intégrative

Introduction

La santé intégrative est un concept apparu aux États-Unis dans le milieu des années 90, notamment sous l’impulsion d’Andrew Weil, médecin et écrivain spécialisé dans la botanique ; son développement en France est plus récent. 

Elle émerge comme une approche globale qui repense la manière dont nous prenons soin de notre corps et de notre esprit, en complément du traitement des problèmes de santé, et repositionne l’individu comme acteur de sa santé.

Selon le NCCIH (National Council of Complementary and Integrative Health), la santé intégrative associe des approches conventionnelles et complémentaires pour prendre en charge la personne dans sa globalité. Elle est particulièrement pertinente pour les personnes en bonne santé qui souhaitent le rester, et pour celles qui présentent les premiers signes de maladies chroniques. 

La médecine technique est performante pour les pathologies aigues. L’élargissement thérapeutique propre à la santé intégrative contribue à l’efficacité de la médecine conventionnelle, notamment dans les maladies chroniques ou dites « de civilisation ».  Les approches complémentaires soutiennent l’être humain sur les différents plans (émotionnel, nutritionnel, physique, …) afin d’améliorer autant que possible sa qualité de vie.

On s’écarte ainsi d’une opposition, ou d’une alternative, pour considérer une association, une collaboration, et en définitive une synergie au service de la santé.

Face à l’émergence de cette nouvelle approche globale et collaborative, il est utile de questionner ses origines, son évolution et sa place dans notre vision de la santé. 

Les convictions partagées et la coopération naturelle entre la Fédération Francophone de Jeûne et Randonnée (FFJR) et l’Académie Médicale du Jeûne (AMJ) visent à apporter à nos contemporains la meilleure santé. Une hygiène de vie qui associe activité physique et nutrition saine en représente une des clefs essentielles.

Ce nouveau paradigme nous invite à nous interroger sur la place de la nutrition et du jeûne, sous ses différentes formes, dans cette santé intégrative.

Des anciennes traditions vers une approche moderne

La santé intégrative, une approche nouvelle ? Pourtant, les premières traces d’une médecine holistique sont apparues il y a bien longtemps…

Au temps de la Grèce Antique, la médecine née sous l’impulsion d’Hippocrate, philosophe et médecin, a permis de passer d’une médecine « magique » à une médecine rationnelle, basée sur l’observation et l’expérience. Hippocrate fut un précurseur dans l’approche diététique de la santé, et prônait une prise en charge globale de l’humain.

En Orient, depuis des millénaires, la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) regroupe un ensemble de théories et de pratiques différentes en santé. Cette approche vise à harmoniser l’énergie intérieure (le Qi) et l’équilibre entre le corps et l’environnement. Il est souvent nécessaire de rééquilibrer le Yin et le Yang au travers de différentes approches : acupuncture, plantes médicinales, diététique, massage, qi gong. La MTC considère que le corps, l’esprit et l’environnement sont interconnectés.

En Inde, l’Ayurvéda, une médecine traditionnelle de plus de 5 000 ans, repose aussi sur une conception globale de la santé : l’équilibre entre les trois « doshas » qui constituent chaque individu nécessite une prise en charge globale (corps, âme et esprit) avec des outils adaptés : plantes médicinales, huiles essentielles, diététique, méditation, respiration, yoga, massages, …

Ces trois approches, Hippocratique, Chinoise et Ayurvédique, possèdent une vision commune : la nécessité d’un équilibre entre le corps, l’esprit et l’environnement ; et une même volonté : placer l’être humain au centre de l’accompagnement et des soins.

Dans l’antiquité grecque, deux approches de médecine cohabitent : l’approche hippocratique et l’approche symptomatologique.

Cette deuxième approche deviendra la médecine occidentale d’aujourd’hui.

XVIIe-XVIIIe siècles

Essor des connaissances anatomiques et physiologiques permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l’organisme et de poser des diagnostics. Cette période a été marquée par plusieurs découvertes importantes, comme la double circulation sanguine par le Dr Harvey (anglais) ou encore une connaissance poussée de l’anatomie par le Dr Morgagni (italien).

XIXe siècle

Développement de la microbiologie, des vaccins et de la pharmacologie avec les recherches de Louis Pasteur, physicien – chimiste français, et le perfectionnement des microscopes. Ces nouvelles connaissances donnent des outils plus pointus pour prendre en charge différentes maladies.

XXe siècle

Emergence de la médecine basée sur les preuves avec le développement de l’« Evidence-Based Medicine » (EBM) qui regroupe les études cliniques sérieuses permettant d’utiliser les meilleures données de la recherche clinique pour une prise en charge optimale des patients. L’EBM combine l’expérience clinique, les données scientifiques de la recherche (preuves) et les préférences du patient. Il y a différents niveaux de preuves, selon qu’elles aient été obtenues par méta-analyse d’essais randomisés, par essai non randomisé, par étude de cas-témoins, par expérience clinique…

Le développement des connaissances pointues dans le domaine médical a permis d’aller vers une médecine performante pour les maladies aigües et les urgences, mais montre certaines limites pour la prise en charge des maladies chroniques et le bien-être global.

L’émergence de la santé intégrative dans le monde médical

En 1948, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini, dans sa constitution, la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». 

Cette définition invite les soignants à une prise en charge globalisée des patients pour prendre en compte leurs besoins et ce « bien-être ». C’est ici que les médecines complémentaires prennent tout leur sens.

Médecines non conventionnelles ? Médecines alternatives ? Médecines douces ? Médecines traditionnelles ? Médecines complémentaires ? De quoi parle-t-on ?

Un proverbe chinois nous rappelle que « le début de la sagesse commence en appelant les choses par leur nom ».

Définition de la santé intégrative :

Toute la difficulté ici relève de l’existence de définitions différentes selon les pays et les époques :

En 2019, l’OMS distingue :

Les techniques de soin complémentaires ont le plus souvent en commun de :

Selon une enquête aux Etats-Unis en 1990, un tiers des Américains utilisent des thérapies alternatives, en général en complémentarité avec la médecine officielle.

Le Dr Tyler, américain (1828-1917), considéré comme le père de l’ostéopathie, expliquait que l’engouement pour les médecines alternatives dans les années 1900 était motivé par trois raisons profondes :

Selon un rapport de l’OAM en 1994, un tiers des soins sont prodigués par la médecine officielle et biomédicale dans le monde, le reste par les médecines alternatives.

Plus récemment, en 2012, une étude montre que près de la moitié de la population des pays industrialisés utilise régulièrement une forme de médecine traditionnelle et complémentaire : Etats-Unis 42 %, Australie 48 %, Canada 70 % et France 49 %. Dans d’autres pays, comme le Chili ou certains pays africains, les chiffres montent même jusqu’à 80 %.

Le retour d’un modèle plus global :

Aujourd’hui :

Dans le monde, un nombre croissant d’hôpitaux et cliniques (USA, Allemagne, Suisse) développent la santé intégrative notamment dans certains secteurs comme l’oncologie :

Aux États-Unis, il existe 82 centres de médecine intégrative ainsi qu’une Académie de santé et de médecine intégrative. En Allemagne, des formations en médecines complémentaires telles que la naturopathie, la balnéothérapie, la médecine manuelle et l’homéopathie, sont dispensées par des sociétés savantes médicales. Certaines thérapies comme le jeûne contrôlé sont prises en charge par les assurances sociales. 

En Suisse, les médecines complémentaires, y compris l’homéopathie, la phytothérapie, la thérapie manuelle et la médecine traditionnelle chinoise (MTC), font partie du système de santé public. Le pays abrite le premier centre académique en médecine intégrative d’Europe francophone, le CEMIC (Centre de médecine intégrative et complémentaire), affilié au service d’anesthésiologie du CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois).

En France, en 2017, la Maison des soins de support des Flandres à Dunkerque a commencé à accompagner les patients atteints de cancer ainsi que ceux souffrant d’affections de longue durée.

Le Concept One Health réinvestit en 2021 par l’OMS défend une approche intégrée et unificatrice visant à équilibrer et optimiser durablement la santé des personnes, des animaux, des plantes, et des écosystèmes en reconnaissant leur interdépendance. Ce concept a pour objectif de faire face aux enjeux mondiaux de santé publique :

En France :

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins a publié en juin 2023 un rapport sur les PSNC pour sensibiliser les professionnels médicaux et la population sur les risques (perte de chance, exercice illégal de la médecine, dérives sectaires).

La perception actuelle de la santé intégrative

La santé intégrative associe médecine conventionnelle et thérapies complémentaires. Son essor s’explique par trois facteurs :

Excellente pour traiter les maladies aigues et les urgences, elle délaisse la prévention et manque d’efficience dans les affections chroniques. L’approche intégrative apporte un meilleur confort de vie et renforce souvent l’efficacité des traitements.

La vision réductrice corps/esprit héritée des Lumières est dépassée. Les professionnels intègrent nutrition, mental, mode de vie et immunité. Les patients, plus informés, veulent être acteurs de leur santé au lieu d’en déléguer la responsabilité au médecin.

Vieillissement, maladies chroniques : le modèle centré sur la guérison est dépassé et coûteux. Il faut passer à une approche globale, axée sur la prévention et l’autonomie du patient. En 2022, le ministère de la Santé a intégré officiellement la dimension prévention.

Aujourd’hui, la santé globale vise à accompagner individus et communautés pour améliorer leur état sur tous les plans — biologique, comportemental, social, environnemental — plutôt que de seulement traiter la maladie.

Article relu par les médecins de l’Académie Médicale du Jeûne

Auteure de l’article

Ingrid Charreau

Accompagnatrice de Jeûne FFJR

Je suis Ingrid, naturopathe spécialisée dans l’accompagnement des jeûneurs à Terrou dans le Lot (46).
Après une première partie de ma vie rimant avec alimentation peu équilibrée, travail, stress, migraine, médecine conventionnelle, je me suis peu à peu, avec l’arrivée de mes enfants, orientée vers une alimentation saine et des techniques complémentaires naturelles comme la naturopathie, le jeûne et la réflexologie.
Aujourd’hui, ces pratiques font parties de mon quotidien et mes migraines ont disparu ainsi que mes crises d’angoisse. Naturellement, je suis rentrée dans une démarche de santé intégrative pour moi et mon entourage.
Après plusieurs années en tant que cadre dans un établissement de réadaptation en santé mentale, du côté de la médecine conventionnelle, ma nouvelle voie professionnelle m’est apparue comme une évidence après une nouvelle semaine de jeûne. J’ai alors choisi un cursus d’experte en naturopathie afin d’être formée à différentes approches pour adapter au mieux l’accompagnement de mes jeûneurs et leur donner un maximum d’outils possibles.
S’offrir une semaine de détox physique et mentale est un magnifique cadeau mais le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire est celui qui vous accompagne toute votre vie. Mon objectif en tant qu’accompagnatrice de séjours FFJR est certes de vous cocooner pendant votre semaine de jeûne mais surtout de vous donner des outils et des astuces issus des techniques complémentaires pour que vous puissiez prendre soin de vous au quotidien.
Afin que votre semaine soit plaisir et déconnexion, et qu’elle rime avec détox, détente, sérénité et vitalité, je vous fais des jus frais de légumes et un peu de fruits à l’extracteur et des bouillons en fonction des bienfaits des légumes et des fruits selon la saison, je vous propose des exercices de respiration, des ateliers d’automassage, des causeries sur l’alimentation, l’autodrainage, …. Pas de prise de note, des petites fiches synthétiques sont envoyées après le séjour pour intégrer ce qui vous convient dans votre quotidien.
A chacun ses habitudes ; Pas de vérités, juste des possibilités ; L’important est de prendre soin de soi ; Se fixer des objectifs accessibles ; Se féliciter de tout le chemin parcouru ; Seul(e) ou accompagné(e).
J’espère que cet article vous aura éclairé sur la santé intégrative et surtout vous donnera envie de prendre soin de vous, car vous le méritez.

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